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Gabon : menace des avocats par le procureur, la réaction du bâtonnier attendue !

La sortie récente du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville André Patrick Roponat n’a pas été du goût des avocats de la défense de leurs clients en détention préventive dans le cadre de l’opération Scorpion. Dans sa sortie, le parquet en usant d’un langage alambiqué a menacé les avocats qu’il a accusés de vouloir ternir l’image de la justice gabonaise. De telles manoeuvres ne sauraient être admises et acceptées quand on sait que l’avocat n’a de la limite que la loi. Qu’en pense Me Lubin Ntoutoume, le bâtonnier de l’ordre des avocats gabonais ? 

« La ministre de la Justice, garde des sceaux tient  fermement à mettre en garde toutes les personnes, y compris les avocats des personnes incarcérées, quant aux dérives actuellement observées et à la diffusion d’informations mensongères, dans le but est de créer l’émoi au sein de la population et de ternir l’image de la Justice et des services pénitentiaires » tels sont mots pour mots, les propos nés de l’allocution d’André Patrick Roponat au moment au moment de s’expliquer sous la pression de l’opinion sur les faits d’agression sexuelle et de torture subis par  Christian Patrichi Tanasa et l’honorable Justin Ndoundangoye à la prison centrale de Libreville et dénoncés respectivement par leurs avocats maître Anges Kevin Nzigou et maître Calvin Job et Cédric Manguisset.

Des menaces que n’a pas manqué de souligner l’un des avocats de Justin Ndoundangoye maître Calvin Job par le biais d’un communiqué de presse produit le 8 février 2019. Lequel a non seulement marqué son étonnement mais aussi sa désolation devant les propos du numéro 1 de la justice qui ont pour dessein, non pas de faire la lumière sur les faits d’agression sexuelle et de torture mais une entrave à l’exercice de la défense. « Je constate avec une certaine désolation et inquiétude que les propos du Ministre de la justice formulés par le Procureur visant à « mettre en garde…les Avocats », constituent une menace, une algarade envers un Avocat dans l’exercice de la défense » a– t-il écrit.

Pour lui, la sortie d’André Patrick Roponat n’a pour seul objectif que de lier la liberté de parole de l’avocat qu’il est. Ces allégations portent en leur sein une volonté pernicieuse  « de prendre parti contre la défense, le but étant de la réduire au silence. Ces propos marquent un intérêt partisan, un déni d’une réalité que le monde entier constate et connaît ». L’avocat est libre a– t-il tenu à marteler afin que la ministre Erline Antonella Ndembet et le procureur de la République s’en rappellent si d’aventure leur mémoire leur a fait défaut un moment de communiqué sur cette affaire. « l’Avocat a pour seule limite la « LOI ». Il n’a ni Dieu, ni maître, ni patrie et c’est la quintessence même de son existence dans une société qui se veut démocratique ». 

Soucieux des dérives que peuvent entraîner de telles manoeuvres du pouvoir judiciaire, maître Calvin Job a attiré l’attention de la ministre et du procureur sur ce que de tels actes mettent en péril Démocratique gabonaise et  donc sur la nécessité qu’elle soit effective dans l’exercice du droit de la défense. « Une démocratie ne répond pas honteusement à la honte. Lorsqu’un Avocat est empêché ou menacé dans l’exercice de son métier, c’est la démocratie qui est en danger »

Des actions attentatoires à notre Démocratie et à la liberté des avocats qui doivent nécessairement interpeller le bâtonnier des avocats maitre Lubin Martial Ntoutoume devant ces dérives qui menacent l’indépendance de l’ordre dont il est le représentant.

Pour finir, l’avocat français de l’ancien ministre Justin Ndoundangoye en expliquant à André Patrick Roponat, l’essence de son action, l’objet de son engagement et que nulle menace ne saurait l’y soustraire et l’en éloigner. Car a –t-il écrit, défendre «  C’est la raison d’être de mon travail, je consacre ma vie à défendre la dignité et la liberté des autres, ces notions sont le moteur de mon action. S’il advient un jour que les droits de l’actuel Ministre de la justice ou du Procureur viennent à être bafoués et qu’ils me sollicitent pour les défendre, je le ferais avec la même pétulance et détermination ». 

source: Gabon média time

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